vendredi 28 décembre 2007

Michael Tolliver Lives

Voila deux semaines que j’ai fini Michael Tolliver Lives, le dernier livre d’Armistead Maupin, et je n’ai pas encore eu le temps d’en parler ici.


Pour ceux qui ne connaitraient pas Armistead Maupin (honte sur eux !), c’est le génial auteur des Chroniques de San Francisco. Il a aussi écrit deux autres livres, dont le très beau Maybe the Moon, mais les Chroniques resteront indéniablement son œuvre majeure.

J’ai découvert ces livres alors que je venais d’avoir dix-huit ans. Je faisais un road trip en Californie avec mes parents pendant l’été et, comme notre voyage commençait a San Francisco, je m’étais acheté les deux premiers tomes pour les lire dans l’avion.

Trois semaines plus tard, à mon retour en France, j’avais lu l’intégrale (6 tomes quand même). Dés que je finissais un volume, je partais en quête du suivant dans les librairies locales. J’ai même acheté, sans le savoir, un exemplaire de Significant Others dédicacé par Armistead Maupin. Sur le moment, j’ai pensé payer 40 dollars pour un livre d’occasion, mais j’étais trop en manque pour résister…

En 6 tomes, écrits sur plus de dix ans, les personnages, l’ambiance et le style ont évolué : plutôt légers et over-ze-top dans les années 70, les Chroniques sont devenues plus sombres et réalistes dans les années 80… Certains se sont lassés après les trois premiers, moi j’ai adoré chacun de ces livres et je les place sans complexes aux cotés de L’Ecume des jours de Vian et d’Antigone de Anouilh dans la liste de mes ouvrages préférés. Je ne les ai jamais relus en entier, mais je parcoure régulièrement mes passages préférés, toujours avec le même plaisir.

Je les ai offerts aussi. Plein de fois. Dés que je cherche une idée de cadeau pour quelqu’un qui ne connait pas les Chroniques, je ne me foule pas : je lui achète les deux premiers tomes. A moi tout seul, je dois bien représenter 1 ou 2% des revenus de Maupin. Et dans 100% des cas la personne m’emprunte la suite après.

Bref, tout ca pour dire que, quand j’ai appris qu’Armistead Maupin écrivait un nouveau livre « qui n’était pas la suite des Chroniques même s’il était centré sur un héros des Chroniques et que d’autres personnages des Chroniques apparaissaient dedans », j’étais impatient de lire ca. Et je n’ai pas été déçu par le résultat : après avoir laissé trainer le livre deux mois sur mon étagère, je l’ai dévoré en une semaine.

Armistead Maupin n’a pas complètement menti : même si le livre est centré sur Michael, et que la plupart des personnages des Chroniques y sont mentionnés, il ne s’agit pas a proprement parler un 7eme tome. Une sorte de spin off, éventuellement.

Le livre est en effet écrit à la première personne, alors que le principe même des Chroniques consistait à suivre les aventures plus ou moins reliées entre elles d’une foule de personnages. Cette évolution permet à Maupin d’écrire son livre le plus personnel, et de partager avec nous sa vision du monde: Internet, Bush, la guerre en Irak, mais aussi les relations, l’âge, la sexualité… On devine l’opinion de Maupin derrière celle de son héros sur ces sujets, d’autant plus qu’un certain nombre d’anecdotes du roman sont autobiographiques (la rencontre sur Internet par exemple).

En se centrant sur un seul personnage, le livre gagne aussi en cohérence par rapport aux Chroniques précédentes, dont les différentes intrigues n’étaient pas reliées par un thème commun (ce qui ne m’avait jamais dérange d’ailleurs, j’aimais le coté éclectique de ces livres). Ici, tout tourne plus au moins autour de la famille : celle dont on hérite a la naissance, et celle qu’on se construit après.

En tous cas, suite des Chroniques ou pas, l’un des plaisirs majeur qu’on a en lisant Michael Tolliver Lives est de retrouver les personnages qu’on aimait vingt ans plus tard. Maupin en a bien conscience, d’ailleurs, et plus on avance dans le roman, plus on sent qu’il ne peut pas résister a l’idée de nous y raconter, par des moyens a peine détournés, la suite des Chroniques. Au final, même si ce n’est pas le but principal du bouquin, Michael Tolliver Lives offre une jolie conclusion à la saga, moins amère que celle du sixième tome… Sera-t-elle définitive cette fois ?

Pour finir, je suis obligé de dire que le roman est remarquablement bien écrit. Comme toujours avec Maupin, le style est fluide et efficace, tout en étant empreint d’une certaine poésie.
De tous les auteurs que je connais, Maupin est celui qui transcrit le mieux l’affection sur le papier. Ses scènes de couples sont remarquables de simplicité, et pourtant, elles fonctionnent toujours. Pas de grandes déclarations, juste quelques lignes de dialogue, une main passée dans les cheveux, une oreille tirée, et voila qu’en deux paragraphes, on est attaché a ces personnages comme si on le connaissait depuis toujours.
Ce sont d’ailleurs presque toujours ces scènes que je relis après coup dans ses livres.

Bref, Michael Tolliver Lives est un excellent bouquin, drôle, touchant, bien écrit, bien construit et intelligent. Ceux qui ont lu et aimé les Chroniques peuvent se jeter dessus les yeux fermés. Quant aux autres, si avec ca je ne vous ai pas donné envie de vous y mettre, je baisse les bras !

mardi 25 décembre 2007

Noël à Montréal

Ces quatre derniers jours, j’ai déserté New York et la chaleur de ses habitants pour aller passer Noël chez ma tante à Montréal.

Mon voyage a assez mal commencé, puisque j’ai fait l’aller en avion. Traduction : je me suis levé a quatre heures du matin pour apprendre, une fois arrivé a l’aéroport, que mon vol avait trois heures de retard.

Tabernac’ !

Trois heures de retard sur un vol de une heure vingt, ça fait quand même un peu beaucoup (225% de retard me murmure l’auditeur qui sommeil en moi).

Mais, au fond, je commence à avoir l’habitude de la ponctualité des compagnies aériennes américaines : C’est simple, j’ai dû être à l’heure deux fois depuis mon arrivée, et je prend l’avion en moyenne une fois par semaine. Le pire, c’est que les américains sont persuadés que leur système est le mieux organisé du monde : si on parle de transport aérien avec eux, ils prennent un air condescendant et nous demandent comment on fait en France parce que – même s’ils n’y sont jamais allés – ils savent bien qu’on est toujours en retard à cause des grèves.

Finalement, esprit de Noël oblige, j’ai décidé de voir le verre à moitié plein et de me réjouir que mon vol ne soit pas carrément annulé.

Il faut dire que Fox News (ou CNN, je ne sais pas quelle chaîne passe en boucle dans les salles d’embarquement des aéroports) était là pour m’aider à relativiser, en alternant un reportage sur les 200 vols en partance de Chicago annulés le même matin (j’ai bien fait de repasser par New York…) et un autre sur une marine américaine forcée de passer Noël loin de sa famille en Irak. Interviewée, cette dernière offrait aux vacanciers coincés dans les aéroports ce témoignage bouleversant : « I miss my dog ! ». Peut-on faire plus belle leçon de courage en cette période de fête ?

J’aurais pu profiter de ce retard pour dormir mais, évidemment, dans la salle d’embarquement, j’étais assis à coté des deux seules personnes du vol qui avaient des choses so funny à se raconter à six heure du matin… Mais bon, dans la vie, quand on est non violent, il faut se résigner…

Une fois arrivé – 3 heures trop tard - à Montréal, j’ai été un peu surpris par la température : un ridicule petit –1 °C. Moi qui m’étais préparé psychologiquement à du –30°C, vous imaginez ma déception quand j’ai réalisé que je n’allais pas risquer ma vie en marchant sans bonnet jusqu’à l’arrêt de bus…

Cela dit, une fois arrivée chez ma tante, j’ai être victime du froid de la façon la plus stupide qui soit : en me faisant empaler par un stalactite. Il faut dire que, moi, quand je vois un stalactite, je n’ai qu’une envie, c’est de casser le bout parce que, franchement, quel est l’intérêt d’un stalactite si on ne peut pas casser le bout et l’emmener avec soi ?

Malheureusement, j’ai un peu sous-estimé ma force, ou surestimé la solidité d’un stalactite par –1°C, bref, au lieu de casser le bout, j’ai fait tomber ça à quelques centimètres de moi.



Le but de mon séjour était avant tout de me reposer et de passer du temps en famille, donc je n’ai pas trop visité la ville et ses alentours. Mais le dimanche, je suis quand même allé faire un tour au biodôme, l’attraction du coin.

Le biodôme, c’est un zoo original, à la frontière du parc naturel. Le principe est simple : pas de cages (enfin, pas trop), mais de grandes serres où l’environnement naturel des animaux est reconstitué, et où l’on se ballade librement en essayant de les apercevoir.

C’était très bien fait : non seulement les animaux semblent heureux et se comportent comme s’ils étaient en liberté (enfin, en tous cas ils ne tournent pas en rond dans leur cage en faisant des grimaces), mais le parc est vraiment bien conçu et permet de voir le maximum de choses. Par exemple, dans la serre sur l’environnement du Saint Laurent, on voit d’abord les castors au dessus de la surface, puis on descend en dessous du niveau du sol et on peut les admirer à travers une vitre en train de nager. De même, au milieu de la jungle, on traverse une grotte sombre infestée de chauves souris (avec une vitre, quand même).

Le seul problème de ce biodôme, en fait, c’est qu’on y trouve beaucoup trop d’enfants en liberté. Résultat, ça courre, ça jappe, ça tape sur les vitres, ça poursuit les pauvres bêtes qui s’aventurent hors de leur enclos (les inconscientes, elles feraient mieux d’aller voir directement du coté des caïmans ou des requins !), et surtout, surtout, ça vous bouscule dès que vous en train de prendre une photo.

Bref, les animaux en semi-liberté, c’est un beau concept… Mais peut-être faudrait il pousser plus loin et prévoir des cages, des laisses ou des tazzers pour les enfants, afin qu’ils ne soient pas trop dérangés ?

Malgré tout, j’ai réussi à prendre quelques belles photos dans les différentes serres :


La jungle


Le Saint Laurent

Les pôles


Le moment le plus marquant de ma visite restera ce combat de crabe auquel j’ai assisté pendant une demi-heure.

Une demi-heure passionnante de « Si tu me pince la, je vais te pincer là, mais laisse moi deux minutes pour bouger d’abord ».



Arrête... euh !



Non... toi... arrête... euh !


Tu dors ?


J’ai attendu en vain un dénouement sanglant au combat : un éventrement, une amputation… Ou même une mort d’épuisement… Mais non, rien. Pourtant, l’un des crabes était deux fois plus gros que son adversaire… Tant de lenteur et d’inefficacité dans la violence en cette période de Noël, c’était presque poétique !

Ensuite, j’ai exploré un peu Montréal, en me baladant dans la rue Sainte Catherine. Et j’ai réalisé un truc : la neige, c’est vraiment dégueulasse. Oubliez vos illusions d’enfant sur la montagne, le ski et les bonshommes avec des carottes dans le nez, ce truc est juste répugnant.



Ew.

D’ailleurs, les Montréalais l’ont bien compris, puisqu’il s’en débarrassent de manière industrielle (je doute que ça soit aussi bien organisé à New York quand on aura une tempête).


Autre différence avec New York : Montréal est une ville dangereuse. Non seulement, ça glisse (après une vingtaine de fausses frayeurs, j’ai fini par me ramasser sur une plaque de verglas à trois mètres de la maison) mais en plus, on peut facilement se perdre dans ses artères.

Pas que le tracé de la ville soit particulièrement compliqué. Simplement, logiques qu’ils sont, les Montréalais ont une manière bien à eux de faire les plans municipaux.



Vous ne remarquez rien ? Moi aussi je suis resté un moment perplexe devant cette carte, avant de réaliser pourquoi je n’arrivais pas à m’orienter :


C’pô possible d’êt’ ôssi niaiseux.

J’ai profité de ma balade pour acheter L’Ecume des jours en français à mon coloc. Payer 12 dollars (canadien) pour un poche de 300 pages alors qu’on voit marqué 6 € sur la couverture, ça fait plaisir. Mais après tout, la culture ça n’a pas de prix, alors l’offrir à des tarifs abordables ?

Voilà, après avoir visité un peu le coin pour me donner bonne conscience, j’ai pu me concentrer sur des activités de Noël plus traditionnelles : dormir, manger des chocolats, regarder des DVDs (The Departed, Planet Terror pour évacuer la frustration que m’avait laissé le combat de crabe et… Cendrillon !), parler sur MSN, boire des espressos, faire la sieste, manger des mandarines…

Mon réveillon a été très sympathique. Non seulement j’étais calé après l’entrée comme il se doit (du foie gras et du pâté en croûte, rien que ça) mais, les trois-bouteilles-pour-trois-parce-qu’il-faut-du-blanc-du-rouge-et-du-champagne aidant, j’ai appris à coup de « Sètukoi ? » (Tu sais quoi ?) qui parmi mes grands oncles avait déshérité qui, et aussi qui faisait des plans échangistes avec le facteur du village... C'est toujours sympa de découvrir ses racines !

J’ai aussi eu un chouette cadeau : des films québécois en DVD, dont le succès local Bon Cop, Bad Cop. S’il est à la hauteur de son titre, je pense qu’il devrait être mythique !

Cô c’est l’fun !

Au final, j’aurais passé de très bonnes fêtes, reposantes, caloriques et chaleureuses !

Je rentre à New York ce soir par le bus de nuit, il ne reste plus qu’à espérer qu’il n’y aura pas de retard et que je n’aurais pas de problème à la frontière.

En tous cas, joyeux Noël (en retard, mais c’est la faute du décalage horaire, pas la mienne) à tous !

PS : C’est quand même joli Montréal, même si je râle…

samedi 22 décembre 2007

Chicago en images

Je n'ai pas posté grand chose ici ces dernieres semaines... Ce n'est pas faute d'avoir des choses a raconter, mais je manque de temps a cause du boulot, et je n'ai pas toujours accès a Internet le soir quand je suis en mission, ce qui ne facilite pas les choses.
En plus, plus je prend du retard, et plus j'ai du mal à me motiver pour prendre le clavier... Je prefererais écrire a chaud.
Bref, ce soir, je vais être un peu paresseux et me contenter de mettre quelques photos de ma semaine à Chicago.

A Chicago, c'est froid (très froid même), ca a un centre tout petit (comparé à New York, soyons snobs), et ca autorise encore les gens à fumer dans les restaurants ou dans les bars... Je n'en sais pas beaucoup plus, parce que je n'ai pas eu le temps de visiter du tout.
En tous cas c'est un jolie ville, beaucoup plus aerée que Manhattan. Les buildings sont hauts, mais les avenues sont suffisamment larges pour qu'on ne se sente pas écrasé en marchant entre tous ces gratte-ciels.
Voilà quelques coins et monuments sympas. Certains m'ont semblé tres familiers quand j'y suis passé : j'avais du les voir dans des films ou dans Urgences !


Comme on dit ici : déja-vu.

C'est encore plus beau de nuit.


La plus haute tour de Chicago et l'église minus juste à coté.


La vue qu'on a d'en haut.


Un sapin pas trop kitsch pour une fois... Même s'il est rose !

dimanche 16 décembre 2007

Moralisatrice, la télé américaine ?

Voila un texte que j'ai ecrit pour pErDUSA, mais qui a bien sa place ici aussi finalement.

Depuis mon arrivée aux Etats-Unis, je n’ai pas trop eu l’occasion de regarder la télé… A part des séries, bien sûr, mais vu que je les regarde (légalement !) sur le net pour éviter les pubs, et que de toutes façons je les verrais aussi si j’étais en France, ça ne me change pas beaucoup…

Malgré tout, il m’arrive de temps en temps de m’attarder quelques minutes, pour rire, sur une chaîne « « « « « d’information » » » » » américaine.

Fox News par exemple.

Regarder le journal sur Fox News, c’est un peu comme suivre les aventure de Valérie dans The Comeback : on est consterné, on en rigole, mais, au fond, on est très mal a l’aise.

J’ai cherché pendant un moment ce qui me dérangeait tant dans ces journaux à l’américaine. Les pubs incessantes ? Les reportages sur « les perruques pour chat » diffusés avant le compte rendu sur le débat présidentiel ? Le sentiment de danger permanent que ces programmes distillent en nous rappelant que la menace d’un attentat (raté), d’un « homme noir » (suspect d’un truc à 2000 kilomètres de là) ou d’une panthère en liberté dans les montagnes (aperçue par deux scouts de 11 ans) n’est jamais bien loin ?

Tout ça est consternant mais, au fond, ce sont des défauts présents (à un degré moindre) dans les journaux télé français (qui sont déjà bien nuls je vous l’accorde)…

Et puis finalement, vendredi matin, en regardant Fox News avant de partir au boulot, j’ai enfin mis le doigt dessus.
Ce qui m’insupporte hautement dans ce genre d’émission, c’est que les « « « « journalistes » » » » qui les animent ne peuvent pas s’empêcher d’y donner leur opinion. Sur tout les sujets. Tout le temps.

La notion même d’information objective n’existe pas, puisque le présentateur se sent oblige d’accompagner les faits les plus anodins de ses commentaires banals et moralisateurs…

Un exemple parmi d’autre : La semaine dernière, j’étais a Boston et, le jeudi, il y a eu une tempête de neige.

Quand je dis une tempête de neige, je ne parle pas de cinq petits flocons qui se battent en duel sur le pavé parisien. Je parle de tonnes de neiges qui se déversent en quelques heures sur la ville, bloquent ses rues, inondent ses caniveaux, paralysent ses transports et font fermer ses entreprise.

En gros, je parle de ça :












Je ne sais pas pour vous, mais moi, rentrer à pied dans la neige, sans bottes, avec mes chaussettes et mon pantalon qui s’imbibent d’eau glacée, ça a tendance à me mettre de mauvaise humeur…

Si, en plus, comme beaucoup de gens, j’apprenais que mon vol ou mon car pour New York était annulé à cause du mauvais temps, et que je devais me trouver d’urgence un endroit où dormir pour ne pas mourir gelé, je ne serais probablement pas content…

Si, comme les moins chanceux, je passais la nuit coincée dans ma voiture sur une autoroute bloquée, dans pouvoir mettre le chauffage pour ne pas m’asphyxier, je pense que ça m’agacerait aussi un peu…

Mais si, une fois arrivé chez moi, trempé, gelé et angoissé face à mon avenir incertain, j’allumais Fox News, et que le journaliste me rappelait que « au moins, je suis en vie » pour m’aider à relativiser la situation, je pense que ça m’horripilerait pour de bon !

En effet, les journalistes de Fox News, bien au chaud sur leur plateau, avaient décidé qu’une tempête de neige, par rapport à un attentat, un homme noir, une panthère échappée du zoo ou la sacro sainte guerre en Irak, ce n’était pas si grave, et que les gens auraient tort de trop se plaindre. Et ils ne se gênaient pas pour nous le rappeler dans leurs commentaires à la fin de chaque reportage :

- People are complaining, but you know, it could be worse. At least you’re alive ! (Hein?)

- We’re used to control everything but, as my grand father said (Sérieusement?), when things that you can’t control come up, it shows that you’re alive !

- You know, this woman (bloquée toute la nuit par la neige sur une route isolée sans chauffage) had a rough night, but you know, maybe the stranger who helped her will become her husband (QUOI ?) and then something good will have come out of it ! (Non mais SERIEUX?)

- You’ve got to keep it positive guys ! (Mais TA GUEULE!)


Exaspéré par tant de lieux communs mièvres et moralisateurs concentrés sur une si petite plage de temps, j’ai vite éteint ma télé. Maintenant, je regrette un peu… Je suis sur que si j’avais laissé mon poste allumé cinq minutes de plus, j’aurais eu droit a :

- Before you complain, try to think about our guys in Iraq ! Do you hear them complaining ? Hue ? So shut up !

Ah… J’aurais jamais cru dire ca un jour, mais PPDA et Pernaud me manquent presque…





Juste pour la frime...

Samedi midi, j'ai brunché au Pain Quotidien sur la 5eme Avenue.



Si j'en parle ici, ce n'est pas parce que mon assiette de fromage était extraordinaire (c'était pas mal cela dit), mais parce que j'étais assis à moins de 3 mètres de Dana Delany, que ceux qui regardent la Saison 4 de Desperate Housewives connaissent sous le nom de Katherine Mayfair.


Evidemment, je n'avais pas mon appareil photo, et je n'ai pas demandé d'autographe, parce qu'à New York il n'y a que les ploucs qui n'ont pas l'habitude de croiser des stars au petit déjeuner. Mais quand même, j'étais super fier de manger dans le même resto qu'un second role de Desperate Housewives !

Allez, on y croit, samedi prochain je brunche avec Kristen Bell et Mary Louise Parker !

vendredi 14 décembre 2007

One day in… Indiana !

Lundi dernier, je me suis levé à 5 heures du matin et j’ai pris l’avion pour… l’Indiana !
J’avais un inventaire à faire sur place, et je suis donc resté seul le bas jusqu'au mardi.

Récit, en vrac, de ces 28 heures palpitantes dans l’état le plus glamour des Etats-Unis :

- Déjà, comme d’habitude quand je suis en mission loin de New York, je n’ai pas vu grand-chose. Sauf que la, dans ce cas précis, je n’ai littéralement pas vu grand-chose : C’est simple, j’ai atterri dans le brouillard, conduit dans le brouillard et redécollé dans le brouillard. J’avoue que, pour une journée, ca avait un certain charme (ce charme subtil et délicat d’un film de zombie). Mais quand on m’a explique qu’il faisait ce temps la six mois par an dans la région, j’ai été content de repartir le lendemain !

- Ensuite, pour renforcer l’expérience « Amérique profonde », j’ai conduit une énorme SUV 6 places. L’employée de l’agence de location était toute contente de m’annoncer que j’avais été upgradé for free sur une plus grosse voiture, comme si consommer trois fois plus d’essence pour avoir un véhicule moins maniable et impossible à garer était un coup de chance incroyable… Evidemment, c’était une automatique : J’ai donc passé une bonne demi-heure sur le parking à comprendre comment on changeait le stick de position (il faut appuyer sur le frein en même temps). Ensuite, j’ai roulé pendant un quart d’heure avec le frein a main (qui s’était cache a la place de l’embrayage), freiné avec le pied gauche sur l’autoroute (bad idea!), et confondu la marche arrière et la marche avant sur le parking (heureusement j’avais un gros pare-choc)… Comme je ne connaissais pas le code de la route indianadien (mon correcteur d’orthographe m’indique que ce n’est pas le bon mot), je me suis arrêté en plein milieu des carrefours (quelle idée intelligente de mettre le feu de l’autre coté du croisement aussi..) et j’ai roulé comme une tortue sur l’autoroute pour être sur de ne pas commettre un excès de vitesse…D’ailleurs, malgré ses six places, ma voiture était plus petite que 80% des véhicules qui m’ont doublé.

- Toujours en quête de l’Amérique profonde, la vraie, je me suis amusé à compter les plaques d’immatriculation « God bless America » et « God save our troops » sur les parkings… J’ai arrêté à la vingtième.

- J’ai mangé asiatique dans une chaine prés de l’autoroute. C’était pas très bon, mais très rigolo, parce que les indianin (ce n’est pas le bon adjectif non plus) étaient tellement persuadés d’être dans un restaurant typique (pourtant les serveurs étaient tous blancs !) qu’ils prenaient la pauvre statue « chinoise » qui trônait au milieu de la salle en photo !

- J’ai découvert l’accent indianagondin (toujours pas…). Et croyez moi, il est bien plus incompréhensible que l’accent texan ! Maintenant, je comprends pourquoi aucune série et aucun film ne se passe jamais dans cet état : non seulement on ne verrait rien a l’écran a cause du brouillard, mais en plus il faudrait des sous titres !

- J’ai compte des centaines de cartons dans un entrepôt gigantesque, perché sur un monte charge a six niveau au dessus du sol. A vrai dire, c’était plutôt rigolo.

- J’ai attendu plus de cinq heures dans la salle d’embarquement de l’aéroport d’Indianapolis, parce que mon vol était retardé a cause du… devinez… eh oui, du brouillard ! Cinq heures, c’est long… Surtout quand le seul commerce du coin est un Subway (je blague bien sur : il y avait aussi un Starbucks !)… Et encore plus quand toutes les personnes attendant autour de vous font les quatre cent pas dans la salle en hurlant dans l’oreillette de leur téléphone.

Voila. Au final, ces deux jours au fin fond de l’Indiana auront été à la fois instructifs et amusants… Vivement ma mission a Springfield dans le Massachussetts !

mercredi 5 décembre 2007

The Phantom of the Opera

Les gens s’imaginent souvent qu’il n’y a jamais de grèves dans ce merveilleux pays qu’on appelle les Etats-Unis… Eh bien, c’est totalement faux !

Alors qu’en France, ces derniers mois, les gens se plaignaient de devoir aller au travail à pied et s’impliquaient dans la vie politique de leur pays en créant des groupes Facebook, un mouvement social de grande ampleur paralysait New York : la grève des machinistes de Broadway.

Eh oui : en novembre, pendant presque 20 jours, l’Amérique et moi avons été privés de comédies musicales.
Je vous laisse imaginer le drame pour les centaines de milliers de gens concernés : Plus de Elle ! Plus de Mimi ! Plus de queue a TKTS pour occuper son samedi après midi ! Et je ne parle même pas de toutes les personnes âgées qui sont mortes pendant l’intervalle de ces vingt jours avant d’avoir pu voir Wicked!

Heureusement, comme on est au Etats-Unis, cette intolérable prise d’otage n’a pas duré : tous les gens en grève ont été virés, et le problème a été résolu. (Bon en fait je crois qu’ils ont trouve un accord… Mais il faut entretenir le mythe de L’Amérique-où-ca-se-passe-pas-comme-ca !)

Du coup, j’ai décidé de fêter ca mardi dernier en allant voir The Phantom of the Opera, le plus « vieux » musical de Broadway (comprendre : celui qui y a été représenté le plus de fois).


J’y suis allé un peu a l’aveuglette, parce qu’on m’en avait dit du bien, que j’avais 40% de réduction au comité d’entreprise et que, en m’y prenant deux heures avant, je n’avais pas trop de choix… De toutes façons, avec un musical qui attire du monde depuis 1986, le risque de me planter était limité.

Au final, j’ai passé une bonne soirée même si, pour être honnête, je n’ai pas été transcendé (comprendre : je ne vais pas me procurer la BO et chanter les chansons dans la rue pendant trois mois comme pour Wicked).

En effet, comparé aux musicals plus récents que j’ai vus, Phantom of the Opera m’a paru assez old school.

Déjà, il n’y a pratiquement pas d’humour et, même si quelques personnages secondaires nous font sourire de temps en temps, l’ensemble reste très premier degré. Le créateur a visiblement voulu privilégier une ambiance sérieuse, à la fois romantique et inquiétante, que trop d’humour aurait désamorcée.

Cet aspect très premier degré fait que les personnages manquent un peu de profondeur (une profondeur qu’un peu plus d’humour dans les dialogues aurait sans doute pu leur apporter) : Si la relation de dégout et de fascination qui unit l’héroïne au fantôme est intéressante (mais aurait mérité pour moi d’être poussée plus loin), le fiancé de l’héroïne est, quant a lui, un personnage particulièrement fade.

L’histoire n’est pas non plus extraordinaire, mais elle se suit bien, surtout pendant le deuxième acte qui m’a paru plus prenant et rythmé après les longueurs du premier.

Ce qui fait la force de Phantom of the Opera, par contre, c’est son indéniablement ambiance: Tour à tour mystérieuse, inquiétante ou romantique, elle est particulièrement réussie. On est vite plongé au cœur de cet opéra et de ses secrets, et certaines apparitions du fantôme sont étonnamment angoissantes.
Les décors (superbes), les costumes et les éclairages contribuent pour beaucoup à cette atmosphère, ainsi que la musique bien sur.

Celle-ci oscille entre des airs et voix d’opéra classique et des thèmes plus modernes (quand le fantôme apparait en général, ce qui souligne son génie musical). Le mélange est assez intéressant, même si je pense qu’un amateur d’opéra est plus susceptible d’apprécier que moi les référence a Dom Juan ou a Hannibal.

Enfin, pour finir, s’il y a assez peu de chansons qui me resteront dans la tête, je retiendrai quand même le thème principal, Phantom of the opera, dont l’air à la fois inquiétant et sensuel réapparait plusieurs fois pendant le spectacle… Une chanson envoutante, et superbement mise en scène (des décors et éclairages magnifiques qui nous plongent dans les catacombes parisiennes).


Au final, moi qui suis habitué aux musicals plus drôles et modernes, j’ai été assez déstabilisé par Phantom of the Opera… Mêmes si les mélodies étaient contemporaines, j’avais souvent l’impression d’assister a un ballet, où l’on a plaisir à voir mis en scène une partition et une histoire déjà connues.

Une expérience intéressante, donc… Même si la prochaine fois j’irais voir un truc plus moderne, du genre Rent ou Hairspray !

lundi 3 décembre 2007

Under the snow

Dimanche, en me levant, j’ai eu la bonne surprise de découvrir qu’il avait neigé.



Du coup, j’ai décidé d’aller me promener dans Central Park pour profiter un peu du paysage.

C’était vraiment très beau : un mélange d’automne et d’hiver où se côtoyaient l’ocre, le jaune et le blanc…

Images choisies :