Les primaires américaines : On ne parle que de ca dans les media et les diners depuis mon arrivée (a part bien sur quand on parle 5 minutes pour se détendre du président français qui « craque complètement »). La lutte sans merci que se livrent Hillary Clinton et Barack Obama depuis plusieurs mois passionne les américains et chaque nouveau sondage, chaque nouveau coup bas ramène leur face a face a la une des journaux.
Et pourtant, je n’ai encore rien écrit sur le sujet ici… La raison ? Je n’arrive pas à me faire une opinion, et à décider qui, de Barack ou Hillary, serait le meilleur candidat, c’est à dire celui qui serait le plus susceptible de gagner contre le républicain McCain. Car au fond l’enjeu est la.
J’étais d’abord convaincu par Hillary : plus d’expérience, plus à gauche… Elle semblait plus a même qu’Obama de l’emporter face au parti républicain. Et en plus elle est soutenue par America Ferrara.
Puis peu à peu, au détour d’un ou deux débats télévisés, le charisme d’Obama a fait son effet. Qu’on l’aime ou pas, on ne peut pas nier que c’est un excellent orateur…
Et les différents amalgames dont il a été victime l’ont rendu plus sympathique à mes yeux : le journal télévisé de NBC, par exemple, a diffusé par « erreur » une image de Osama Ben Ladden en arrière plan d’un sujet traitant d’Obama... Vu le nombre de fausses rumeurs qui circulent sur Internet accusant Obama d’être un agent infiltré d’Al Qaida, c’était une boulette assez malvenue.
Et puis quelqu’un m’a fait la réflexion suivante : un candidat moins expérimenté, au programme flou, qui profite de l’engouement des medias pour s’imposer dans son camp et se faire designer candidat a la présidentielle… Ca ne nous rappelle rien ?
Car, a part le fait qu’il faut « oser espérer », on sait finalement très peu de choses du programme d’Obama. Ca ne veut pas dire qu’il n’en a pas, mais quand ils nous parlent du candidats, les medias se concentrent d’avantage sur son « charisme », ses origines, sa femme, sa religion, son voyage en Somalie, son coté beau gosse qui fait chavirer le cœur des militantes… Bref, tout sauf des propositions concrètes.
On pourra me répliquer que les medias parlent aussi assez peu du programme de Hillary. C’est vrai. Mais la différence, c’est que les medias (en tous cas les medias « « « de gauche » » ») sont clairement de parti pris pour Obama. Et on ne peut pas dire qu’ils le cachent.
Ce parti pris peut sembler discret depuis la France. Mais sur place, il est si voyant, si peu discret qu’on a du mal a y croire. Un exemple parmi d’autre : L’autre jour, alors que j’achetais innocemment des DVDs a Virgin, un petit rayon consacré a la politique tronait au milieu du magasin. Au choix : le livre d’Obama « The audacity of Hope », une biographie flatteuse d’Obama et… Une poupée vaudou a l’effigie d’Hillary Clinton. Oui, oui ! Avec une superbe explication derrière qui explique pourquoi on la déteste (She’s a bitch) et encourage les consommateurs a se defouler en lui plantant des aiguilles un peu partout.
Et je ne parle même pas de la couverture du dernier Rolling Stone, consacré à Obama.
Est-ce un prophète ? Est-ce un dieu ? Est-ce Luke Skywalker réincarné sur terre pour sauver l’Amérique ?
Cette couverture plus que douteuse a au moins le mérite de souligner a quel point, dans la majorité des journaux « libéraux », Obama est présenté au lecteur comme le seul homme capable de sauver l’Amérique en ces temps troublés.
Obama est un self made man, un homme politique idéaliste et intègre, une véritable incarnation du rêve américain capable de rassembler les foules. Hillary, elle, est une ambitieuse, froide, calculatrice, bref : she’s a bitch. L’insulte sexiste par excellence, celle par qui des traits qui sont des qualités chez un homme deviennent d’affreux défauts chez une femme.
Alors, les démocrates américains sont ils en train de faire la même erreur que les socialistes français en 2007 ?
J’espère que non. Car, malgré ces critiques, j’ai tendance à voir Obama comme un candidat sérieux, solide et sincère, capable de faire le poids face a McCain et d’éviter au monde quatre années supplémentaires d’extrémisme a la Maison Blanche.
Il n’empêche que cette partialité affichée de nombreux medias a son égard, qui repose d’avantage sur sa personnalité et son charisme que sur son programme, me semble particulièrement choquante.
Bref, Obama ou Clinton, tant que les démocrates l’emportent sur les républicains, je serai content… Allez, on y croit, un jour, en France comme aux Etats-Unis, les journalistes feront leur travail correctement et on votera pour un candidat pour son programme.
Et pour finir avec une note d’humour, voila un sketche très drôle de Tina Fey dans le Saturday Night Live, qui résume avec plus d’humour et d’intelligence que moi tout ce que je pense de la campagne de dénigrement dont est victime Hillary Clinton. Enjoy !