mardi 25 décembre 2007

Noël à Montréal

Ces quatre derniers jours, j’ai déserté New York et la chaleur de ses habitants pour aller passer Noël chez ma tante à Montréal.

Mon voyage a assez mal commencé, puisque j’ai fait l’aller en avion. Traduction : je me suis levé a quatre heures du matin pour apprendre, une fois arrivé a l’aéroport, que mon vol avait trois heures de retard.

Tabernac’ !

Trois heures de retard sur un vol de une heure vingt, ça fait quand même un peu beaucoup (225% de retard me murmure l’auditeur qui sommeil en moi).

Mais, au fond, je commence à avoir l’habitude de la ponctualité des compagnies aériennes américaines : C’est simple, j’ai dû être à l’heure deux fois depuis mon arrivée, et je prend l’avion en moyenne une fois par semaine. Le pire, c’est que les américains sont persuadés que leur système est le mieux organisé du monde : si on parle de transport aérien avec eux, ils prennent un air condescendant et nous demandent comment on fait en France parce que – même s’ils n’y sont jamais allés – ils savent bien qu’on est toujours en retard à cause des grèves.

Finalement, esprit de Noël oblige, j’ai décidé de voir le verre à moitié plein et de me réjouir que mon vol ne soit pas carrément annulé.

Il faut dire que Fox News (ou CNN, je ne sais pas quelle chaîne passe en boucle dans les salles d’embarquement des aéroports) était là pour m’aider à relativiser, en alternant un reportage sur les 200 vols en partance de Chicago annulés le même matin (j’ai bien fait de repasser par New York…) et un autre sur une marine américaine forcée de passer Noël loin de sa famille en Irak. Interviewée, cette dernière offrait aux vacanciers coincés dans les aéroports ce témoignage bouleversant : « I miss my dog ! ». Peut-on faire plus belle leçon de courage en cette période de fête ?

J’aurais pu profiter de ce retard pour dormir mais, évidemment, dans la salle d’embarquement, j’étais assis à coté des deux seules personnes du vol qui avaient des choses so funny à se raconter à six heure du matin… Mais bon, dans la vie, quand on est non violent, il faut se résigner…

Une fois arrivé – 3 heures trop tard - à Montréal, j’ai été un peu surpris par la température : un ridicule petit –1 °C. Moi qui m’étais préparé psychologiquement à du –30°C, vous imaginez ma déception quand j’ai réalisé que je n’allais pas risquer ma vie en marchant sans bonnet jusqu’à l’arrêt de bus…

Cela dit, une fois arrivée chez ma tante, j’ai être victime du froid de la façon la plus stupide qui soit : en me faisant empaler par un stalactite. Il faut dire que, moi, quand je vois un stalactite, je n’ai qu’une envie, c’est de casser le bout parce que, franchement, quel est l’intérêt d’un stalactite si on ne peut pas casser le bout et l’emmener avec soi ?

Malheureusement, j’ai un peu sous-estimé ma force, ou surestimé la solidité d’un stalactite par –1°C, bref, au lieu de casser le bout, j’ai fait tomber ça à quelques centimètres de moi.



Le but de mon séjour était avant tout de me reposer et de passer du temps en famille, donc je n’ai pas trop visité la ville et ses alentours. Mais le dimanche, je suis quand même allé faire un tour au biodôme, l’attraction du coin.

Le biodôme, c’est un zoo original, à la frontière du parc naturel. Le principe est simple : pas de cages (enfin, pas trop), mais de grandes serres où l’environnement naturel des animaux est reconstitué, et où l’on se ballade librement en essayant de les apercevoir.

C’était très bien fait : non seulement les animaux semblent heureux et se comportent comme s’ils étaient en liberté (enfin, en tous cas ils ne tournent pas en rond dans leur cage en faisant des grimaces), mais le parc est vraiment bien conçu et permet de voir le maximum de choses. Par exemple, dans la serre sur l’environnement du Saint Laurent, on voit d’abord les castors au dessus de la surface, puis on descend en dessous du niveau du sol et on peut les admirer à travers une vitre en train de nager. De même, au milieu de la jungle, on traverse une grotte sombre infestée de chauves souris (avec une vitre, quand même).

Le seul problème de ce biodôme, en fait, c’est qu’on y trouve beaucoup trop d’enfants en liberté. Résultat, ça courre, ça jappe, ça tape sur les vitres, ça poursuit les pauvres bêtes qui s’aventurent hors de leur enclos (les inconscientes, elles feraient mieux d’aller voir directement du coté des caïmans ou des requins !), et surtout, surtout, ça vous bouscule dès que vous en train de prendre une photo.

Bref, les animaux en semi-liberté, c’est un beau concept… Mais peut-être faudrait il pousser plus loin et prévoir des cages, des laisses ou des tazzers pour les enfants, afin qu’ils ne soient pas trop dérangés ?

Malgré tout, j’ai réussi à prendre quelques belles photos dans les différentes serres :


La jungle


Le Saint Laurent

Les pôles


Le moment le plus marquant de ma visite restera ce combat de crabe auquel j’ai assisté pendant une demi-heure.

Une demi-heure passionnante de « Si tu me pince la, je vais te pincer là, mais laisse moi deux minutes pour bouger d’abord ».



Arrête... euh !



Non... toi... arrête... euh !


Tu dors ?


J’ai attendu en vain un dénouement sanglant au combat : un éventrement, une amputation… Ou même une mort d’épuisement… Mais non, rien. Pourtant, l’un des crabes était deux fois plus gros que son adversaire… Tant de lenteur et d’inefficacité dans la violence en cette période de Noël, c’était presque poétique !

Ensuite, j’ai exploré un peu Montréal, en me baladant dans la rue Sainte Catherine. Et j’ai réalisé un truc : la neige, c’est vraiment dégueulasse. Oubliez vos illusions d’enfant sur la montagne, le ski et les bonshommes avec des carottes dans le nez, ce truc est juste répugnant.



Ew.

D’ailleurs, les Montréalais l’ont bien compris, puisqu’il s’en débarrassent de manière industrielle (je doute que ça soit aussi bien organisé à New York quand on aura une tempête).


Autre différence avec New York : Montréal est une ville dangereuse. Non seulement, ça glisse (après une vingtaine de fausses frayeurs, j’ai fini par me ramasser sur une plaque de verglas à trois mètres de la maison) mais en plus, on peut facilement se perdre dans ses artères.

Pas que le tracé de la ville soit particulièrement compliqué. Simplement, logiques qu’ils sont, les Montréalais ont une manière bien à eux de faire les plans municipaux.



Vous ne remarquez rien ? Moi aussi je suis resté un moment perplexe devant cette carte, avant de réaliser pourquoi je n’arrivais pas à m’orienter :


C’pô possible d’êt’ ôssi niaiseux.

J’ai profité de ma balade pour acheter L’Ecume des jours en français à mon coloc. Payer 12 dollars (canadien) pour un poche de 300 pages alors qu’on voit marqué 6 € sur la couverture, ça fait plaisir. Mais après tout, la culture ça n’a pas de prix, alors l’offrir à des tarifs abordables ?

Voilà, après avoir visité un peu le coin pour me donner bonne conscience, j’ai pu me concentrer sur des activités de Noël plus traditionnelles : dormir, manger des chocolats, regarder des DVDs (The Departed, Planet Terror pour évacuer la frustration que m’avait laissé le combat de crabe et… Cendrillon !), parler sur MSN, boire des espressos, faire la sieste, manger des mandarines…

Mon réveillon a été très sympathique. Non seulement j’étais calé après l’entrée comme il se doit (du foie gras et du pâté en croûte, rien que ça) mais, les trois-bouteilles-pour-trois-parce-qu’il-faut-du-blanc-du-rouge-et-du-champagne aidant, j’ai appris à coup de « Sètukoi ? » (Tu sais quoi ?) qui parmi mes grands oncles avait déshérité qui, et aussi qui faisait des plans échangistes avec le facteur du village... C'est toujours sympa de découvrir ses racines !

J’ai aussi eu un chouette cadeau : des films québécois en DVD, dont le succès local Bon Cop, Bad Cop. S’il est à la hauteur de son titre, je pense qu’il devrait être mythique !

Cô c’est l’fun !

Au final, j’aurais passé de très bonnes fêtes, reposantes, caloriques et chaleureuses !

Je rentre à New York ce soir par le bus de nuit, il ne reste plus qu’à espérer qu’il n’y aura pas de retard et que je n’aurais pas de problème à la frontière.

En tous cas, joyeux Noël (en retard, mais c’est la faute du décalage horaire, pas la mienne) à tous !

PS : C’est quand même joli Montréal, même si je râle…

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