vendredi 28 décembre 2007

Michael Tolliver Lives

Voila deux semaines que j’ai fini Michael Tolliver Lives, le dernier livre d’Armistead Maupin, et je n’ai pas encore eu le temps d’en parler ici.


Pour ceux qui ne connaitraient pas Armistead Maupin (honte sur eux !), c’est le génial auteur des Chroniques de San Francisco. Il a aussi écrit deux autres livres, dont le très beau Maybe the Moon, mais les Chroniques resteront indéniablement son œuvre majeure.

J’ai découvert ces livres alors que je venais d’avoir dix-huit ans. Je faisais un road trip en Californie avec mes parents pendant l’été et, comme notre voyage commençait a San Francisco, je m’étais acheté les deux premiers tomes pour les lire dans l’avion.

Trois semaines plus tard, à mon retour en France, j’avais lu l’intégrale (6 tomes quand même). Dés que je finissais un volume, je partais en quête du suivant dans les librairies locales. J’ai même acheté, sans le savoir, un exemplaire de Significant Others dédicacé par Armistead Maupin. Sur le moment, j’ai pensé payer 40 dollars pour un livre d’occasion, mais j’étais trop en manque pour résister…

En 6 tomes, écrits sur plus de dix ans, les personnages, l’ambiance et le style ont évolué : plutôt légers et over-ze-top dans les années 70, les Chroniques sont devenues plus sombres et réalistes dans les années 80… Certains se sont lassés après les trois premiers, moi j’ai adoré chacun de ces livres et je les place sans complexes aux cotés de L’Ecume des jours de Vian et d’Antigone de Anouilh dans la liste de mes ouvrages préférés. Je ne les ai jamais relus en entier, mais je parcoure régulièrement mes passages préférés, toujours avec le même plaisir.

Je les ai offerts aussi. Plein de fois. Dés que je cherche une idée de cadeau pour quelqu’un qui ne connait pas les Chroniques, je ne me foule pas : je lui achète les deux premiers tomes. A moi tout seul, je dois bien représenter 1 ou 2% des revenus de Maupin. Et dans 100% des cas la personne m’emprunte la suite après.

Bref, tout ca pour dire que, quand j’ai appris qu’Armistead Maupin écrivait un nouveau livre « qui n’était pas la suite des Chroniques même s’il était centré sur un héros des Chroniques et que d’autres personnages des Chroniques apparaissaient dedans », j’étais impatient de lire ca. Et je n’ai pas été déçu par le résultat : après avoir laissé trainer le livre deux mois sur mon étagère, je l’ai dévoré en une semaine.

Armistead Maupin n’a pas complètement menti : même si le livre est centré sur Michael, et que la plupart des personnages des Chroniques y sont mentionnés, il ne s’agit pas a proprement parler un 7eme tome. Une sorte de spin off, éventuellement.

Le livre est en effet écrit à la première personne, alors que le principe même des Chroniques consistait à suivre les aventures plus ou moins reliées entre elles d’une foule de personnages. Cette évolution permet à Maupin d’écrire son livre le plus personnel, et de partager avec nous sa vision du monde: Internet, Bush, la guerre en Irak, mais aussi les relations, l’âge, la sexualité… On devine l’opinion de Maupin derrière celle de son héros sur ces sujets, d’autant plus qu’un certain nombre d’anecdotes du roman sont autobiographiques (la rencontre sur Internet par exemple).

En se centrant sur un seul personnage, le livre gagne aussi en cohérence par rapport aux Chroniques précédentes, dont les différentes intrigues n’étaient pas reliées par un thème commun (ce qui ne m’avait jamais dérange d’ailleurs, j’aimais le coté éclectique de ces livres). Ici, tout tourne plus au moins autour de la famille : celle dont on hérite a la naissance, et celle qu’on se construit après.

En tous cas, suite des Chroniques ou pas, l’un des plaisirs majeur qu’on a en lisant Michael Tolliver Lives est de retrouver les personnages qu’on aimait vingt ans plus tard. Maupin en a bien conscience, d’ailleurs, et plus on avance dans le roman, plus on sent qu’il ne peut pas résister a l’idée de nous y raconter, par des moyens a peine détournés, la suite des Chroniques. Au final, même si ce n’est pas le but principal du bouquin, Michael Tolliver Lives offre une jolie conclusion à la saga, moins amère que celle du sixième tome… Sera-t-elle définitive cette fois ?

Pour finir, je suis obligé de dire que le roman est remarquablement bien écrit. Comme toujours avec Maupin, le style est fluide et efficace, tout en étant empreint d’une certaine poésie.
De tous les auteurs que je connais, Maupin est celui qui transcrit le mieux l’affection sur le papier. Ses scènes de couples sont remarquables de simplicité, et pourtant, elles fonctionnent toujours. Pas de grandes déclarations, juste quelques lignes de dialogue, une main passée dans les cheveux, une oreille tirée, et voila qu’en deux paragraphes, on est attaché a ces personnages comme si on le connaissait depuis toujours.
Ce sont d’ailleurs presque toujours ces scènes que je relis après coup dans ses livres.

Bref, Michael Tolliver Lives est un excellent bouquin, drôle, touchant, bien écrit, bien construit et intelligent. Ceux qui ont lu et aimé les Chroniques peuvent se jeter dessus les yeux fermés. Quant aux autres, si avec ca je ne vous ai pas donné envie de vous y mettre, je baisse les bras !

1 commentaire:

Unknown a dit…

Salut chéri,

Bonne année à toi aussi. J'espère que tu n'es pas à la rue à l'heure où je te parle. Si tu as besoin de solutions temporaires, je connais des étudiants à NY.
Je n'ai(toujours)pas lu ces fameuses chroniques, je te le dis au cas où ce soit bientôt mon anniversaire.
Je t'embrasse très fort et t'envoie plein de chaleur.
Laeti