mardi 30 octobre 2007

Strange feeling

Ce matin, je me suis levé frais et reposé. J’avais dormi huit heures. Pas une sirène ou un hurlement pour m’en empêcher

J’ai marché dans la rue avec mes collègues. Le trottoir était dégagé: pas de passants à bousculer, pas d’échafaudages à contourner ou de nids de poule inondés à enjamber…

Pas de poubelles empilées à mes pieds… Pas de fumées bizarres qui incrustent leur odeur dans mon costume… Pas de rats…

On a même traversé au rouge devant un taxi, et il n’a ni klaxonné, ni accéléré pour nous tuer.

….

Non, ce n’est pas un rêve : Je suis à Boston cette semaine.











Ca change !

Bars new yorkais

Samedi dernier, mon amie Céline est venue me voir à New York.
Et comme elle vit à Washington (Une nouvelle que les habitants de Manhattan accueillent en général avec un air de pitié si condescendant que même un Parisien n’oserait pas l’affecter pas devant un habitant de St Etienne), elle a eu envie de tester la night life new yorkaise. On s’est donc dirigés vers West Village avec mes collocs pour tester quelques bars.

Je ne sais pas si on est bien tombé, ou si c’est partout pareil le samedi soir dans ce quartier, mais il y avait une super ambiance dans le deuxième bar qu’on a visité, à tel point qu’on y a passé la majeure partie de la nuit.

Premier détail qui choque quand on vient de Paris : des gens que vous ne connaissez pas vous approchent et… vous parlent. Et pas seulement pour vous demander de vous pousser ou savoir si la chaise libre en face de vous est à quelqu’un !
Non, non : ils se présentent, engagent la conversation, vous trouvent « so funny » et vous invitent à vous joindre à leur groupe.

On a commencé par rencontrer deux mecs de Seattle très sympas dans la rue, alors qu’on réfléchissait à voix haute pour savoir dans quel bar on allait continuer la soirée. Ni une, ni deux, ils se sont joints à la conversation et ont décidé de nous accompagner. En France, j’aurais probablement appelé la police, mais ici mon téléphone portable me coûte très cher…

Une fois arrivés dans le bar, nos amis de Seattle se sont chargés de nous présenter plein de gens qu’ils ne connaissaient pas plus que nous, et en une trentaine de minutes on a rencontré des garçons et des filles qui venaient d’un peu partout avec qui on a discuté, bu et dansé toute la soirée.

Autant vous dire que quand on est français, tout ça est un peu déstabilisant… Un peu maladroits et inexpérimentés dans l’art de parler pour ne rien dire, avec des gens dont on n’a pas grand chose à faire, on a eu peur de paraître un peu froid et asociaux.

Mais finalement, notre accent prononcé nous a vite permis de nous intégrer. Céline (« like Celine Dion ! ») et moi sommes devenus les stars du bar, et on a récolté des « Your accent is so cute », des « I love Paris » et des « Ohmigod France is so amazing I totally love you guys ! » à la pelle. Des accès d’hystérie d’une banalité affligeante, c’est vrai, mais qui passaient beaucoup que d’habitude dans la mesure où ils étaient accompagnés d’un cocktail gratuit. Car oui, non seulement les américains vous parlent alors qu’ils ne vous connaissent pas, mais en plus ils n’hésitent pas à vous payer un verre à vous et vos potes en guise de bienvenue !

Et quand ils voient votre appareil photo, il faut « totalement » qu’ils fassent une photo de groupe avec vous, parce que vous êtes « tellement amazing » qu’il faut, bien sûr, immortaliser l’instant à jamais.

Bref, pour la première fois (ou presque) depuis mon arrivée, j’ai rencontré plein d’américains et d’américaines avec qui j’ai pu discuter en anglais toute une soirée. En plus, avec tous les verre que j’ai bu, j’avais l’impression de super bien parler et je m’exprimais sans complexe !

Bilan de la soirée : j’ai parlé à une vingtaine de personne, retenu quelques visages, mémorisé deux prénom et promis de « rester in touch » avec des gens dont je n’ai ni le nom, ni les coordonnées. Superficielles les rencontres new yorkaises ? Sans doute, mais c’était quand même sacrément sympa !

samedi 27 octobre 2007

5 days in Texas

Je suis rentré hier soir du Texas. Tous les vols étaient retardés à cause de la pluie à La Guardia, mais heureusement on a eu de la chance et on a pu monter dans l’avion qui était censé décoller avant le notre. Résultat : on n’a eu « que » deux heures de retard, et à 1h30 du matin j’étais chez moi.

J’aurais pu profiter de ce que j’étais coincé dans l’avion pour écrire un petit bilan de mes cinq jours au Texas à poster ici, ou avancer dans mon livre du moment (The Black Dahlia de James Ellroy pour ceux qui cherchent un bon truc à lire), ou rattraper quelques heures de sommeil… Mais à la place, j’ai décidé de gagner une partie au Spider Solitaire et, deux heures et demie plus tard, j’y étais encore (heureusement que l’hôtesse m’a obligé a éteindre mon ordi au moment d’atterir d’ailleurs sinon j’y aurais passé la nuit). Mais bon, après tout, on ne peut pas être productif tout le temps !

Du coup je vais essayer de faire un petit résumé de ma semaine ici :

En 5 jours au Texas, j’ai :

- Eu super froid. Et pas à cause de la clim’ pour une fois !

- Pris plein de photos toutes floues à travers la fenêtre de la voiture, parce que je n’avais pas le temps de descendre pour faire mon touriste.
Le centre de Dallas, tout flou.



- Mangé deux ou trois vaches à moi tout seul. Dans le restaurant où on est allés jeudi, ma portion de steak avait la taille d’un rôti pour trois personnes. Et je ne parle même pas du « All You Can Eat » brésilien avec grillades à volonté où on est allés lundi !

- Croisé des milliers de Pick Up sur l’autoroute et dans les parkings, et eu une pensée émue pour la planète.




- Goûté mon premier « Chocolate Lava Cake », un gâteau au chocolat avec du chocolat en fusion à l’intérieur. Aussi délicieux qu’indigeste après un repas texan !

- Mangé des salades tous les midis pour faire régime. Le problème c’est qu’avec tout le bacon, les croûtons et la sauce qu’il y a dedans, les salades texanes doivent être à peu près aussi caloriques que les hamburgers new yorkais.

- Bu des Coronas, parce que le Mexique, c’est pas loin du Texas, mais surtout parce que j’aime bien ça.


- Réalisé que le Texas était plus grand que la France, et complexé un peu quand je m’en suis aperçu.


- Vu de superbes couchés de soleil. Tellement beaux que même les autoroutes, les lignes à haute tensions, les fast foods et les parking en devenaient presque jolis.


Un parking. Beau.

Par contre, j’ai été un peu déçu par l’accent des gens, qui n’était pas très marqué et tout à fait compréhensible… Rien à voir avec ce qu’on peut entendre dans Friday Night Lights !
J’y retourne en janvier (voire avant) à priori… J’espère bien trouver un texan pure souche à qui parler cette fois !

mardi 23 octobre 2007

lundi 22 octobre 2007

Premier jour au Texas

Je suis en "mission" pour une semaine dans une zone industrielle proche de Dallas.

Ici, les gens roulent en 4x4 et les autoroutes, les fast food et les lignes électriques défigurent le paysage.

Mais peu importe, je suis tout content d’être au Texas, le pays de George Bush, des grillades et des Dillon Panthers.




Bon, avec un peu de soleil, ce serait quand même plus sympa hein…

Les fucking dollars

En prépa, j’avais étudié les « eurodollars » et les « pétrodollars ». Depuis que je suis a New York, je me familiarise avec le concept des « fucking dollars ».

Je considère que je paie en fucking dollars chaque fois que, en voyant le prix s’afficher à la caisse (on découvre souvent le prix de ce qu’on achète à la caisse ici, parce que les prix ne sont pas toujours indiques dans le magasin et que, même quand ils le sont, c’est toujours en hors taxe), je m’entends hurler intérieurement : « XXX – fucking - dollars ??? ».

De même, si je prend de grandes inspirations en me répétant en boucle « 1 dollar égale 0,71 euros, 1 dollar égale 0,71 euros… », c’est que j’ai payé en fucking dollars.



Samedi, par exemple, j’ai craqué en voyant le dernier Armistead Maupin (Michael Tolliver Lives) dans une librairie indépendante de West Village. Naïvement, j’ai décide de l’acheter malgré l’absence d’étiquette.

Au moment de passer a la caisse, ca n’a pas loupé : « 29 - fucking - dollars ??? ». Pour un livre de moins de 300 pages écrit très gros ? Seriously ? Seriously ???

J’aurais voulu prendre un autre livre recommande par le libraire, mais à « 14 - fucking - dollars » pour un poche de 200 pages que je n’étais même pas sûr d’aimer, j’ai vite renoncé…

Du coup, pour me consoler, je suis allé m’acheter un jean Levi’s à 32 dollars. 3 dollars de plus que mon livre. Dans cette ville, il faut savoir choisir ses priorités…

samedi 20 octobre 2007

Stomp

Jeudi soir, je suis allé voir Stomp avec des amis du boulot.

Stomp, c'est un spectacle de percussions assez original, puisque les musiciens se servent de leurs corps et d'objets du quotidien en guise d’instruments.





Je ne suis pas un gros fan de ce genre de concepts en général (s'il n'y a pas de paroles, ou des paroles en italien, j'ai tendance à vite m'ennuyer), et Stomp ne me tentait donc qu'à moitié. Mais plusieurs de mes collègues qui l'avaient vu ont insiste pour qu’on y aille, et je me suis laisse convaincre… Tant mieux car je n’ai pas été déçu !

Qu'on soit ou pas un fan de percussion, le spectacle (car il s'agit plus d'un spectacle que d'un concert, les artistes sur scène étant autant des musiciens que des danseurs, des acteurs, voire des mimes) est vraiment impressionnant.

J’avais peur que le concept (faire du bruit avec des poubelles et des boites de conserve) se révèle répétitif, voire cacophonique… Eh bien pas du tout : les objets utilisés sont très variés (chaussures, briquets, boites d’allumettes, verres, tubes, éviers…) et produisent des sons très différents. Résultat : L’ensemble est aussi harmonieux qu’un concert de vraies percussions, et la nature des « instruments » ajoute une dimension spectaculaire à la musique… Du coup, je ne me suis presque pas ennuyé, et pourtant ça dure 1h30 sans paroles !




Les numéros sont souvent drôles (celui avec les éviers notamment), parfois poétique (le numéro des briquets, où l’on voit les flammes s’allumer et s’éteindre en rythme alors que la scène est plongée dans l’obscurité, est particulièrement envoûtant), et même si certains sont un peu en dessous des autres, ils sont tous impressionnants.
En plus, certains numéros se rapprochent d’avantage de la danse ou du mime que de la musique (dans l’un des numéros les plus impressionnant du spectacle, un acteur imite différents animaux en s’aidant d’un journal… c’est juste hilarant), ce qui donne une variété agréable a l’ensemble.

Finalement, mon seul regret, c’est que les différents objets / instruments sont très cloisonnés pendant le spectacle. On a tous les balais ensemble, tous les briquets ensemble, tous les tubes ensemble… J’aurais bien aimé voir les sons de différents objets se combiner pour former de vraies mélodies, et de ce coté là je suis un peu resté sur ma faim.
Mais à part cette petite réserve, Stomp est indéniablement un spectacle à part, que je conseille à tous ceux qui auront l’occasion de le voir.

jeudi 18 octobre 2007

Groceries by night

Hier soir, je suis allé faire des courses au supermarché avec mes colocs.
On y est allé 22h30 (l’équivalent de notre 18h en Espagne) et il y avait encore plein de monde dans les rayons et de queue aux caisses. Il faut dire qu’ici, les supermarchés sont ouverts toute la nuit, au cas où on aurait un besoin urgent d’acheter des pates et des biscuits à 3h30 du matin.

Plus que par l’horaire (c’était assez rigolo de faire ses courses aussi tard finalement), j’ai été surpris par la répartition des prix, qui n’est pas du tout la même qu’en France.

Pour faire simple : ici, moins c’est calorique, plus c’est cher !
Le pire, je crois que c’est les légumes, et en particulier la salade. On a paye 4 dollars pour un minuscule paquet de mâche toute simple.
A cote de ca, a 4 dollars l’unité, on a pu s’acheter :
- un gros paquet d’Oreos
- des Frosties
- 6 cotes de porc sous cellophane
- une boite de 12 donuts
Il ne faut pas s’étonner que les gens soient gros âpres...

Autre expérience traumatisante : le rayon fromage. Non seulement le choix est limité, mais en plus les prix sont de nature à couper l’appétit.
On a paye 8 dollars pour un minuscule gruyère Président sous plastique (et encore j’ai pris le gruyère le moins cher du rayon), que j’aurais a peine daigné manger dans un sandwich en France.
Et la grande barre de fromage de chèvre, celle qu’on achèterait pour faire des économies a Paris, nous a carrément couté 10 dollars !

Finalement, le moins cher dans le supermarché, c’était les trucs tout prêts... Il va falloir m’accrocher pour faire la cuisine !

Diner d’hier soir : Onion rings frits dans l’huile, Pepperonni, Fromage et un Eclair au chocolat avec une crème pas au chocolat dedans

mardi 16 octobre 2007

Cuisine à l’espagnole

Mes colocataires sont espagnols. Concrètement, ça signifie qu’on se dit “ola” le matin, qu’on communique beaucoup avec les mains, et qu’on peut se moquer ensemble des américains et de leur metro pourri.

Mais ça veut aussi dire que, même en mangeant à la maison tous les soirs, je suis condamné à doubler de volume pendant mon séjour. Parce que non seulement les Espagnols cuisinent aussi gras que les Américains, mais eux, en plus, ils cuisinent super bien.

Tenez, dimanche soir par exemple. Apres les excès du week-end (pizza, hamburger, cheesecake, frozen margarita…) je decide de manger quelque chose de sain et de leger pour mon diner. Ca tombe bien, j’ai des épinards surgelés dans le congel’. En bon français que je suis, je me les fais bouillir en rajoutant un peu de lait (le lait ici est Fat Free de toutes façons), je les assaisonne pour leur donner un peu de goût et je les accompagne avec un oeuf dur. C’était plutôt pas mauvais pour un truc sain, j’étais super fier!

Arrive Raquel, la coloc que j’ai remplace, qui a justement décide de perdre un peu de poids et s’extasie en me voyant manger aussi sainement. Ni une, ni deux, elle décide de se faire des épinards avec un oeuf aussi.

Tout fier, je m’apprête à lui donner ma recette, mais elle m’explique qu’elle en a déjà une. Et la, sous mes yeux éberlués, elle fait frire les épinards dans de l’huile, rajoute une tonne de miel, intègre des amandes, des noisettes, des raisins secs et remue le tout… Puis elle fait frire son oeuf dans de l’huile aussi et la pose a cote.

Le pire, c’est qu’elle m’a fait goûter, et que c’était délicieux.

Un autre jour, mon autre coloc’ Victor a gentiment fait à manger pour Juan et moi. Un truc de sa région (la Mancha, celle de Volver je crois) : du pisto. Là encore, c’était délicieux. En gros, ça donnait ça :


Il va bientôt falloir que je rachète des vêtements à ce rythme la…

Le metro new-yorkais


Je ne m’habitue pas au métro new-yorkais.
Voila maintenant deux semaines que je suis installe. Deux semaines que je le prends matin et soir, deux semaines que j’explore ses couloirs, que je mémorise ses arrêts, que j’étudie son tracé… Deux semaines, surtout, que j’appréhende chaque trajet et que je privilégie des que possible la marche a pieds !

Vous pensez que j’en rajoute? Que j’exagère? Vous vous dites que ça ne peut pas être si terrible ? Cette anecdote tout ce qu’il y a de plus “banale” sur l’un de mes derniers trajets devrait suffire à vous convaincre :

La scène se passe samedi après-midi. Il fait beau, il fait chaud, je suis en week-end et j’explore Manhattan en observant les écureuils et en dégustant un brownie au chocolat. Une balade paisible et relaxante, un beau moment de détente que rien, non, rien ne semble à même de perturber… Rien… Sauf bien sur le métro !


C’est un peu ma faute, a vrai dire : Quand je décide de rentrer (au six centième écureuil on se lasse un peu), je me trouve dans Chelsea, a trois kilomètres “à peine” de chez moi … Exactement le type de distance pour laquelle il vaut mieux utiliser ses pieds a Manhattan !

Mais voila, j’ai marche toute l’après midi, j’ai envie de me poser et, surtout, surtout, je viens de tomber par hasard sur un arrêt de métro. Pas n’importe quel arrêt, en plus : un arret de ma ligne, la bleue, celle que je prends tous les matins, celle que je connais la mieux, celle qui passe à deux cent metres à peine de ma rue!
C’est un signe, je le sens: une occasion pour moi de vaincre ma peur et de me réconcilier avec les transports en commun new yorkais !

Malgré tout, un mauvais pressentiment me saisit alors que je m’engage dans les escaliers et, d’un coup, le doute m’envahit.. Est-ce une si bonne idée que ça ? Est-ce que je n’irais pas plus vite a pieds? Vais-je vraiment risquer de me perdre pour deux petits arrêts ?

Mais bon, j’ai quand même 24 $ de Metrocard hebdomadaire a rentabiliser. Et puis zut, je suis parisien, je ne vais pas me laisser impressionner par un vulgaire métro ! De toutes façons, si les américains comprennent, ça ne doit pas être si complique !

Bien détermine à ne pas me laisser impressionner, je descends dans la gare et me dirige d’un pas décide vers les tourniquets. Premier moment d’angoisse, car valider son ticket n’est pas un geste anodin a New York. En effet, il faut passer sa Metrocard dans la fente métallique juste au bon rythme. Trop vite, trop lentement, et c’est rate, la machine bugge et on doit recommencer. Et de toutes façons, si on se rate la première fois, c’est fichu : il faudra une bonne vingtaine d’essais, entrecoupée de grandes respirations “détresse un peu” pour pouvoir passer. Inutile de dire que quand le train est à quai de l’autre cote et qu’on sent des new yorkais hostiles gesticuler derrière soi en hurlant dans une langue qui ressemble à tout, sauf a l’anglais qu’on appris à l’école, on a vite fait de paniquer.

Pourtant, ce jour la, miracle : mon mouvement du poignet est souple juste comme il faut, et la machine me laisse passer du premier coup. C’est un signe, je le sens !

Me voila du bon cote. Première mauvaise surprise: il y a deux quais différents pour le E et le C. Je précise que le E et le C s’arrêtent tous les deux a Spring Street, la station ou je descends. Techniquement, je peux donc prendre les deux. Sauf bien sur quand ils passent sur des quais opposes de la gare !

Lequel arrivera en premier ? Comment minimiser mon temps d’attente espéré ? Il faut savoir que rien sur les quais n’indique jamais l’heure du prochain métro. On se fie donc a de petits indices pour estimer combien de temps en moyenne on va poireauter. Apres quelques secondes d’hésitation, je choisis le quai du E, le plus peuple. A priori, s’il y a du monde, c’est que le dernier est passé il y a un moment et que le suivant ne devrait pas tarder, non?

Pas de bol, j’ai à peine attendu 30 secondes sur le quai du E que le C arrive à l’autre bout de la station. Inutile de courir pour l’attraper, le temps de me taper les escaliers et le couloir, il aura déjà redémarre... Et vu la chaleur étouffante qui règne dans la gare (le seul endroit de New York qui ne soit pas climatise), je n’ai pas trop envie de courir pour rien !

Un peu vexe, je me console en me disant que mon E ne devrait pas trop tarder. J’attends, j’attend… Je suis debout… Il fait chaud… Dix minutes passent… Courage, il va bien finir par arriver !

Ca y est… Cette fois je l’entends… C’est lui, enfin ! Ah non, c’est un autre C, toujours sur le quai d’en face. Pas de E a l’horizon. Je commence à me dire que finalement, j’aurais mieux fait de marcher…

Cinq minutes d’attente plus tard, approximativement au moment où j’aurais du arriver devant ma porte si j’étais rentre à pied, un E arrive enfin sur le quai. Apres avoir soigneusement vérifie que c’était un local, je monte.

Contrairement au quai ou on étouffe et transpire, la rame est trop climatisée : je me mets à frissonner malgre mon pull. Mais peu importe : Dans deux arrets, je suis chez moi! Et j’ai même trouve une place assise ! Tout s’arrange !

Le train démarre, accélère, ralentit, s’arrête à la première station. Les portes s’ouvrent, les gens descendent.

Et la, horreur ! L’événement que je redoutais entre tous en prenant le met se produit : le haut-parleur de la rame se met à crachotter une annonce.

Il faut savoir que quand le conducteur de la rame annonce quelque chose, en général, ça donne ça : “ This train mmmfmmmf will not stop mmfffmmfff direct to mmfffmmfff”. En gros, on en comprend juste assez pour comprendre que ce qu’on n’a pas compris était vraiment important. Histoire de stresser un peu, quoi…

Et dans ce cas précis, ça devait être encore plus important que d’habitude parce que, d’un coup, avant même que le message ne soit fini, les passagers avachis autour de moi se dressent sur leurs jambes et se ruent hors du wagon. Et quand je dis “se ruent”, je n’exagère pas! Vous avez déjà vu une nuée d’oiseaux paniques s’envoler à l’approche d’un prédateur ? Imaginez la même chose dans une rame de met, avec les mamies qui bousculent et les mères de familles pour pouvoir sortir avant elles…

En quelques secondes à peine, la rame s’est vidée, je me retrouve seul en face d’un couple de japonais, visiblement aussi choques et perdus que moi.

Je les regarde dans les yeux sans bouger, le coeur battant, les muscles tendus, prêt a réagir. Je n’ai que quelques secondes pour prendre une décision, je le sais. Partir ? Rester ? Mon instinct me hurle de suivre la masse : sans réfléchir, je saute sur mes jambes et bondit hors du wagon juste au moment ou les portes ne se referment. Leurs mâchoires claquent derrière moi, et le train redémarre, entraînant les infortunes japonaises vers une destination inconnue (Le Bronx ? Le dépôt? Le New Jersey ?).

Me revoilà sur le quai. Essoufflé, hagard, le coeur battant, ignorant l’étendue du sort horrible auquel j’ai échappe à l’instant.

Les autres passagers attendant le train suivant, résignes. Moi, l’expérience m’a suffi. Je sors de la station et finit mon trajet a pied. Dix minutes plus tard, je suis chez moi.
J’aurais mis pratiquement cinquante minutes au final, pour me taper la moitie du trajet a pied et frôler la crise cardiaque. La prochaine fois, je rentrerai en marchant !

Pourquoi ce blog ?

Bah oui, pourquoi ouvrir un blog quand on devrait passer sa vie dehors, a profiter du matin au soir de tout ce que la « plus belle ville du monde après Paris » a à offrir ?

La réponse est simple : je suis arrivé depuis deux semaines a New York et, depuis deux semaines, il m’est arrivé plein de petits trucs. Des petits trucs du quotidien, pas toujours agréables, parfois surprenant, souvent rigolos, mais surtout des petits trucs qui m’ont fait penser « ah, tiens, il faudra que je raconte ça à mon retour ».

Mais, finalement, pourquoi attendre d’être rentré pour raconter ?

J’ouvre donc ce blog, pour tenter d’y poster en direct mes anecdotes et impressions sur New York et les new yorkais. Et peut-être aussi sur d’autres villes où j’ai l’occasion d’aller, on verra.

Maintenant, est-ce que j’aurais de quoi tenir plus d’une semaine ? On verra, les paris sont ouverts !

En attendant, avant de commencer votre lecture du blog, deux petites avertissements s’imposent :

- Soyez indulgents avec ma gestion des accents, je fais de mon mieux avec un clavier qwerty et un correcteur d’orthographe américain !
- La plupart de mes anecdotes seront critiques ou moqueuses, et je risque de me concentrer pas mal sur les petits trucs désagréables qui me sont arrivés. Ca ne veut pas dire que mon séjour se passe mal (je m’éclate) c’est juste que ce sont les détails plus drôles à raconter ! Et puis, entre nous, ça fait du bien de râler !

Voilà, le poste d’intro est fini. En tous cas j’espère que certaines de ces anecdotes vous feront sourire, et que ceux qui connaissent déjà la ville s’y reconnaîtront. Bonne lecture !