J’adore parler anglais. Apres plus quatre mois aux Etats-Unis, je suis désespérément loin d’être bilingue (mais l’usage bancal d’un adverbe au milieu de cette phrase prouve au moins que ce séjour m’aura fait régresser en français) : Je cherche mes mots en permanence, je massacre mes verbes irréguliers, je prononce mal, j’hésite, je bégaye, je me trompe, … Mais j’aime ca !
J’aime inventer mes propres verbes en soirée, j’aime dire “Definitely”, “Totally” ou “And I am, like…” tout le temps, j’aime laisser échapper “Fuck” a la moindre occasion… Surtout, j’aime ces expressions drôle, concises et très bien vues dont l’anglais regorge.
L’une de mes préférées du moment, c’est : “Nobody hits my little brother but me”. Non seulement elle me fait rire, mais elle est si vraie qu’on peut l’appliquer a plein de choses. A la relation des New Yorkais avec leur pays par exemple.
Il faut savoir que les New Yorkais, ou en tous cas les New Yorkais “in” que je fréquente hors du boulot, ne se considèrent pas comme des américains… Non… Ils sont différents. Ils sont de gauche (I would totally have voted for Segolene Royal if she had not been against America!). Ils ont été contre la guerre en Irak avant tout le monde (This war was definitely a bad idea!). Ils admirent la France et sa sécurité sociale (Your health care system is, like, so much better than ours!). Et surtout, surtout, ils méprisent leur président et son gouvernement au plus au point (He’s not my president !).
Bref, quand je parle politique avec un New Yorkais, pendant les dix premières minutes de la conversation, on est d’accord sur absolument tout... Et cela jusqu'a ce que, mis a l’aise par la sincère auto flagellation a laquelle je viens d’assister, je me mettes a parler librement…
Parce que, sous leurs airs différents et sophistiqués, les New Yorkais sont comme tout le monde : ils adorent critiquer leur pays, mais ils ne supportent pas que quelqu’un d’autre s’en charge a leur place… Surtout si le quelqu’un d’autre est français !
Du coup, j’ai invente un jeu très rigolo, qui peut occuper a lui tout seul un brunch ou une soirée. Ca s’appelle “Faire défendre George W. Bush a un New Yorkais de gauche”.
Ca vous parait difficile ? Détrompez vous : ca marche à tous les coups ! Il suffit de reprendre les arguments du New Yorkais (Yeah, your right, your president is so stupid… How could you elect him by the way?) et de les retourner contre lui en les saupoudrant de quelques vérités universelles (But, you know, they were no weapons of mass destruction in Irak…), d’un soupcon de mauvaise foi (…everybody knew that at the time…) et d’une bonne dose d’arrogance francaise (…so you were wrong, and we were right, don’t you agree?)
L’effet ne se fait pas attendre et, cinq minutes plus tard, contraint de trouver dans l’urgences des arguments pour défendre un pays qu’il a l’habitude de massacrer, le New Yorkais commence à s’embrouiller :
“I was against the war, but if I had been in Tony Blair situation, I would have supported it!”
“There is no such thing as fake intelligence! We didn’t know whether they were weapons of mass destruction in Iraq. That’s why we based ourselves on intelligence and not on facts!”
“I don’t like Bush, but frankly, after September 11, I’m not sure you would have done better”
“And anyway, you guys are lazy, your economy sucks, and you’re always on strike. So shut up!”
Au final, c’est un New Yorkais plus américain que jamais (mais pas fâché si vous avez su vous arrêter a temps) que vous quittez a la fin de la conversation….
Oui, décidemment, j’aime beaucoup ce petit jeu… J’espère juste que personne ne s’en servira jamais contre moi pour m’obliger a défendre l’UMP ou Sarkozy !
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2 commentaires:
Et ils ne t'ont pas ressorti le classique "And anyway, my grand father died in Normandy to save your little arrogant ass, so shut the f*** up" ?
Putain, dire que Sarkozy se crève le cul à faire croire qu'on aime les Américains et toi tu nous fais détester en 5 minutes !
Chapeau l'artiste !
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